Barthélémy Toguo : l’art africain à l’honneur à Venise

L’artiste camerounais Barthélémy Toguo fait partie des 136 artistes exposés à la Biennale de Venise 2015 qui se tient du 9 mai au 22 novembre.

L’Afrique, habituellement peu représentée dans les grandes expositions d’art contemporain, sera cette fois-ci à l’honneur à Venise pour cette 56ème édition de la mythique Biennale qui s’y déroule depuis le 9 mai et jusqu’au 22 novembre prochain. Ceci grâce à la volonté de son commissaire, le Nigérian Okwui Enwezor.

L’exposition accueille donc une sélection d’artistes africains, parmi lesquels le Camerounais Barthélémy Toguo, dont la réputation n’est plus à faire. Ses œuvres sont en effet présentes dans les plus grandes galeries et expositions du monde entier.

Une installation de 75 statues de bois à la Biennale de Venise

Sur le thème “all the world’s futures” (tous les futurs du monde) proposé pour cette Biennale 2015, Barthélémy Toguo présente une création originale intitulée ‘Urban requiem’, une installation composée de 75 statues de bois représentant des tampons administratifs géants en forme de bustes humains, juchés sur des escabeaux de métal, ainsi que de multiples tampons imprimés.

Une opportunité pour cet artiste engagé de communiquer sur les sujets qui lui tiennent à cœur, comme l’exil, la violence urbaine, les migrations. Parmi les slogans, on peut ainsi lire “Children are people too” (les enfants sont aussi des personnes), ou encore “Don ’t shoot” (ne tirez pas).

Barthélémy Toguo un artiste engagé

Barthélémy Toguo, né en 1967 au Cameroun, partage son temps entre Paris et Bandjoun (Cameroun). Il a étudié l’art à l’École des beaux-arts d’Abidjan (Côte d’Ivoire), puis à l’École supérieure d’art de Grenoble et à l’Académie des beaux-arts de Düsseldorf.

Artiste éclectique, il passe de l’aquarelle à la gravure, la vidéo, ou la sculpture, sans oublier l’installation et la performance. Avec en tête le désir d’interpeller le spectateur, de le toucher au plus profond. “Je suis quelqu’un qui est très attentif à notre société contemporaine. Et j’aborde les problématiques d’aujourd’hui : l’exil, les migrations, les échanges Nord-Sud, le racisme, l’homophobie, le sida, la religion” expliquait-il aux micros de RFI.

Un musée pas comme les autres : Bandjoun Station

Son engagement, Barthélémy vient d’en faire la preuve à l’approche de la cinquantaine, avec la création de “Bandjoun Station”, un lieu qu’il définit comme “un espace de vie”.
Bandjoun Station, ouvert en 2008 à l’ouest du Cameroun, dispose d’une salle de spectacles de mille places et de trois plateaux d’exposition, dont l’une accueille une collection d’environ mille œuvres d’art classique et contemporain.

Ce projet, il l’a financé sur ses fonds propres, lassé de voir les œuvres des plus grands artistes africains se trouver au centre Pompidou, à la Tate Gallery de Londres ou au MoMA de New York, et non pas en Afrique. Il a choisi de l’intégrer à la culture africaine, en y ajoutant par exemple un volet agriculture biologique. Avec pour objectif d’ouvrir les Camerounais à l’art contemporain, à travers aussi des projets avec les écoles. Sans aller trop vite pour ne pas choquer. “Le Cameroun est une nation où il faut aller très doucement.”

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