Quand l’art contemporain rencontre l’islam à Carthage

En fin mai a eu lieu la troisième édition d’art contemporain de Carthage. Organisée par la fondation Kamel Lazaar, l’évènement nommée « Jaou », (qui peut être traduit par engouement, joie ou excitation), a pris place dans divers lieux de la ville et a réuni de nombreux artistes et amateurs d’art. Un art qui a pris toutes les formes possibles et imaginables : de l’exposition de chaussures rappelant l’entrée d’une mosquée aux innovations technologiques en passant par la peinture.

L’inauguration a eu lieu au Dar El Marsa avec une exposition sur toile d’Ahmed Farid orientée sur les thèmes de la liberté et sur sa valeur. Son travail a été reconnu extraordinaire en termes d’inventivité, de composition et de sensibilité.

Durant toute l’édition, le visiteur pouvait découvrir plusieurs galeries remplies d’œuvres d’artistes internationaux tout comme celles d’autres auteurs plus discrets. Il n’aura, bien sûr, pas manqué les expositions « sidibousahidiennes » et « marsoise ».

Le monde entier est une mosquée

Entreposé à l’entrée d’un bâtiment unique et on ne peut plus original, ce slogan annonçait une dimension religieuse, culturelle et spirituelle. Des conteneurs rouillés de paquebot assemblés chaotiquement formaient un édifice loin de ressembler à une mosquée. Là résidait bien l’idée : tout lieu peut être un temple. « Qu’on ne s’éprenne pas sur le titre, Le Monde entier est une mosquée n’est pas une tentative d’annexer la terre entière à un rite ou à un lieu musulman », expliquait l’organisatrice Lina Lazaar, « ce n’est pas non plus faire œuvre de prosélytisme. C’est faire du monde un seul lieu de prière voué au Dieu de tous.»

Une file interminable de curieux ont attendu patiemment pour pouvoir parcourir ce chemin spirituel, celui de la foi et de la connaissance, une mosquée virtuelle où une vingtaine d’artistes arabes, tous passionnés par la gageure, traduisaient, dans leur langage artistique, le parcours des croyants et des orants.

Un débat intéressant mais qui n’a pas trouvé sa place à l’édition d’art contemporain

Lors du premier jour de cet évènement porté sur l’art et la culture islamique, un symposium a pris place au musée du Bardo. Animé par Anthony Downey, le rédacteur en chef d’Ibraaz, et débattu par plusieurs personnalités, le thème « la culture à l’épreuve des conflits » a été « caressé » mais n’a pas vraiment enrichi la problématique.

La culture a toujours fleuri en période de paix et de prospérité et s’est toujours vue réduite et même détruite lors de conflits. Essayer de conserver l’art et la culture lors d’hostilités est difficile mais c’est aussi une tâche importante !

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