La biennale de Bamako conte le temps africain

Organisées conjointement par le ministère de la Culture du Mali et par l’Institut français, Les Rencontres de Bamako fêtent leur dixième anniversaire dans un contexte extrêmement tendu. L’incertitude politique a conduit plusieurs rédactions françaises à annuler leur voyage, et ceci avant même les attentats sanglants du 20 novembre contre le Radisson Blu de Bamako. Mais cela ne gâche pas la fête et surtout le talent des artistes présents.

Si c’est un événement culturel majeur pour l’Afrique, après les deux ans de report dus à la crise et l’opération Serval au nord du pays, une incertitude politique et également économique régnait tout de même sur la bonne tenue de l’édition 2015. Une incertitude d’autant plus grande que l’Etat malien n’a donné les 130 000 euros promis que trois petites semaines avant le début de l’exposition.

La biennale 2015était attendue comme un symbole après l’annulation de l’édition 2013, suite au déclenchement de la guerre au nord du Mali : « Les Rencontres de Bamako sont un acte de résistance, un fanal contre la peur et la stagnation » affirme Samuel Sidibé, directeur du musée national du Mali. Un climat pesant qui semble avoir influencé tout entier cette biennale, d’où le sentiment de flottement domine les œuvres exposées : effets de transparence, jeux de dédoublements, spectres du passé ou fantômes du présent, hantent les photos choisies par les parrains de l’exposition panafricaine.

Les clés de la dixième édition à Bisi Silva

biennale de bamako - buzz africa 2Les clés de cette dixième édition ont été confiées à Bisi Silva, commissaire d’exposition indépendante nigériane. Elle a décidé de célébrer la photographie et la vidéo comme moyens d’exploration du concept de temps. « Telling Time » (conter le temps) étant le thème de l’édition 2015, les artistes proposent leur vision de l’histoire de l’Afrique, mais aussi sur les conséquences actuelles de la politique et de l’économie sur le continent et son peuple notamment au travers de l’exil et de la migration.

Les visiteurs peuvent depuis le 1er décembre et jusqu’au 31 décembre apprécier plusieurs travaux de photographes connus et reconnus ou en passe de l’être. Pas moins de 39 artistes et collectifs d’artistes ont été sélectionnés et invités à proposer de « nouvelles façons de réfléchir le passé, d’échanger sur le présent et d’imaginer le futur ». Si évidemment le talent du marocain Youssef Lahrichi avec son exposition « Rêveries urbaines », le travail sur l’épidémie de fièvre Ebola du malien Emmanuel Bakary Daou ou encore la série intitulée « Ca Va waka » de Nassim Rouchiche attirent les foules, et cela à juste titre, il en faut pas oublier d’aller voir les clichés des futurs grands photographes africains lors du festival Off.

Un hommage à Bakary Diallo

Toute l’équipe organisatrice a tenu à rendre un hommage tout particulier à l’œuvre de Bakary Diallo. Le talentueux réalisateur malien à l’avenir prometteur nous a malheureusement quittés trop tôt victime d’un crash d’avion en juillet dernier.

biennale de bamako - buzz africa 3Passionné de photo de vidéo, simple curieux ou touriste…dépêchez-vous! Rendez-vous aux rencontres de Bamako: il vous reste jusqu’au 31 décembre pour voir, avec les yeux des artistes du continent, le temps qui passe, la vie et la société africaine. Bon voyage !

Vous aurez toutes les informations sur le site de la biennale de Bamako: www.rencontres-bamako.com

Sources des photos: iam-africa.com (© Aboubacar Traoré, Inch’Allah, 2015) et actuphoto.com et rencontres-bamako.com(© Youssef Lahrichi)

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