Accueil » Culture » A la découverte de Gareth Nyandoro: nouvelle star de l’art contemporain

A la découverte de Gareth Nyandoro: nouvelle star de l’art contemporain

Gareth Nyandoro est un artiste africain d’origine zimbabwéenne qui arpente depuis quelques mois les marches du succès. En témoigne sa représentation actuelle à Paris au Palais de Tokyo. Ceci mérite qu’on revienne sur le parcours l’ayant mené sous l’objectif des projecteurs.

Des débuts très modestes

Gareth Nyandoro est né en 1982 à Bikita au Zimbabwe au sein d’une famille très modeste ancrée dans la pratique du recyclage artisanal. En effet, son grand père était un expert en recyclage ayant une facilité pour façonner pièces, poteries et divers instruments de musique. De lui, Gareth Nyandoro a beaucoup appris en matière d’improvisation artistique. Déjà au cours de son enfance,Gareth avec ses camarades construisait, démontait et transformait des choses comme des rebuts en ballons de foot. Suivant les conseils de son oncle, il fait son entrée à l’Ecole polytechnique d’Harare pour y apprendre les beaux-arts et arts de l’estampe.

C’est ainsi qu’il obtient au début des années 2000 son diplôme. Mais son pays le Zimbabwe étant plombé par une grave crise économique, Gareth Nyandoro n’a pas de réelles opportunités pour exprimer et exercer son talent comme cela se doit. N’ayant pas les moyens de migrer en Afrique du Sud ou en Europe comme l’ont fait la majorité de ses confrères, il crée le centre Dzimbanhete Arts Interactions avec 5 autres de ses camarades étudiants. De 2010 à 2013, il s’emploie par le biais de son centre artistique à décrire les changements dans le mode de vie des citoyens zimbabwéens.Sa sculpture dénommée National Reconciliation est un mélange de chaussures des années 80 et des godasses d’importation en plastique avec les souliers fabriqués au Zimbabwe à base de pneus. L’artiste sait également fabriquer des masques contemporains à partir des pièces ramassées ainsi que des représentations sculpturales à base de mètres jaunes.

De la transformation des objets trouvés au travail du papier et de l’estampe

Gareth Nyandoro

Gareth Nyandoro

La carrière artistique de Gareth prend un tournant décisif en 2013 alors qu’il se trouve à Amsterdam dans la prestigieuse résidence Rijksakademie. En effet, il délaisse la récupération d’objets ramassés pour retourner à sa première passion qui se trouve dans le papier et l’estampe. C’est ainsi qu’il développe la technique du Kucheca-checa qui consiste à faire de l’incision dans du papier à l’instar de la griffure de la gravure. Il débute alors une série d’expositions très remarquables. Il représente de manière élogieuse son pays à la biennale de Venise en 2015. L’année qui suit en 2016, Gareth Nyandoro se voit récompensé par le ‘’Financial Times’’ en recevant le prix de la voie émergente. Faisant preuve d’un triomphe modeste à l’égard de la célébrité que connaissent ses œuvres artistiques, le sculpteur déclare dans l’article ‘’Gareth Nyandoro : « Les Occidentaux s’emballent pour l’Afrique, mais on a toujours été là’’ publié par Roxana Azimi le 22 juin 2017 pour lemonde.fr: « Toute cette attention va profiter à la scène artistique du Zimbabwe.

Parce que, au-delà de moi, il y a beaucoup d’artistes jeunes et talentueux. Ce que je suis, je le dois à ceux qui m’ont précédé et accompagné.»Son actuelle exposition au Palais de Tokyo est une grande réussite. En témoigne l’impressionnant puzzle constitué de lés de papier incisé au cutter, pelé puis performé à l’encre.L’œuvre objet des curiosités, retranscrit la question de l’interaction sociale et du commerce au moyen de portraits de célébrités sportives comme celui du footballeur Roger Mila. En somme, Gareth Nyandoro n’est sans doute qu’au début d’un grands parcours artistique qui nous réserve certainement d’autres surprises.

Articles similaires