Une chaîne de boucheries-charcuteries 100% ivoirienne

Charles-Emmanuel Yacé et son entreprise Exat créent pour la première fois en Côte d’Ivoire une chaîne de boucheries et charcuteries entièrement ivoirienne, démontrant que l’économie africaine n’est plus condamnée à se limiter au rôle d’exportateur de matières premières et qu’elle peut se charger de transformer celles-ci elle-même.

Charles Emmanuel Yacé est un entrepreneur ivoirien pour le moins novateur. Déjà à la tête d’une exploitation d’hévéas de 500 hectares, celui-ci a en effet pris la décision de se lancer dans l’élevage de bovins et porcins. Rien de bien nouveau, semble-t-il, si ce n’est que pour la première fois, cet économiste de formation a choisi de verticaliser son activité, c’est-à-dire de transformer lui-même la matière première afin de vendre lait et viande au détail plutôt que de se contenter de l’exporter sous sa forme d’origine, comme c’est habituellement le cas de la production de biens en Afrique.

Un projet ambitieux et de grande ampleur pour Charles Emannuel Yacé

exat yace boucherie

Charles Emannuel Yacé


C’est un véritable pari dans lequel s’est lancé Charles Emannuel Yacé, par le biais de son entreprise Exat : afin de transformer puis de vendre sa viande, il est nécessaire de mettre en place une structure opérationnelle de grande ampleur et nécessitant des fonds importants, tant du point de vue de la transformation post-abattage que de la distribution au détail.

Cela n’a aucunement fait reculer l’entrepreneur, qui a déjà ouvert une quinzaine de boucheries en Côte d’Ivoire. Celles-ci portent comme nom d’enseigne « le Terroir », et génèrent déjà un chiffre d’affaires de 2,5 milliards de francs CFA (3,8 millions d’euros). Il s’y écoule 700 à 1000 tonnes de viande et de charcuterie chaque année. A l’avenir, Charles Emmanuel Yacé envisage l’ouverture supplémentaire d’une dizaine de boutiques, puis d’éventuelles implantations à l’étranger.

De sérieux obstacles finalement surmontés par Exat

Les obstacles étaient pourtant légion avant de pouvoir mener à bien un tel projet. Tout d’abord, l’agriculture ivoirienne ne bénéficie pas de l’assistance d’un système comparable à la politique agricole commune européenne, qui consiste à subventionner les producteurs afin que ceux-ci soient plus compétitifs. Exat ne pouvait donc compter que sur un financement privé afin de développer son activité. C’est pourquoi M. Yacé s’est tourné vers les banques, démontrant au passage qu’il n’y a rien d’insensé pour une PME africaine à convoiter ce type de soutien : il suffit d’après lui de savoir présenter et défendre un bilan en respectant le niveau de transparence et de sérieux exigé par les institutions bancaires. Exat était une entreprise saine et rentable, il a su le démontrer et faire fructifier son travail. La formation du personnel a elle aussi été pensée et anticipée, en développant des programmes de stages dans certaines entreprises porcines en Bretagne.

En prenant exemple notamment sur des modèles économiques asiatiques, Monsieur Yacé, comme de plus en plus d’entrepreneurs sur le continent, trace le chemin d’une industrie africaine performante et durable. Un rôle pionnier qui devrait se révéler profitable à lui-même comme au reste de l’économie africaine.

Photos: wikimedia.org et jeuneafrique.com et

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