Accueil » Économie » Kenya : la grande idée des petits producteurs de mangues

Kenya : la grande idée des petits producteurs de mangues

Alors qu’un insecte ravage les manguiers au Kenya, les petits producteurs n’ont souvent d’autres choix que d’épandre des pesticides chimiques sous peine de voir leur récolte se transformer en invendus. Mais si une autre solution existait ? C’est ainsi qu’avec un objectif commercial en tête à savoir atteindre les marchés européens devenus de plus en plus stricts, les producteurs de mangues commencent à utiliser des bio-pesticides à la place de pesticides chimiques. Explications.

Mouche des fruits et Union européenne

mangue-kenya-2Pourquoi utiliser des pesticides ? Parce qu’un problème persiste : un insecte qui détruit les fruits, la bactrocera dorsalis ou mouche des fruits. A cause de cet insecte, jusqu’à 60 % des fruits tombent des arbres prématurément et pourrissent au sol. Dans la plupart des cas et jusqu’à très récemment, les producteurs kényans de mangues utilisaient un produit capable de les éradiquer : le diméthoate. Mais cet insecticide est depuis 2012 interdit en Europe pour tous les produits importés. Or, les producteurs de mangues kényans ont besoin de vendre leur récolte en dehors de leur marché local pour améliorer leurs revenus. Et ils ne sont pas les seuls, d’autres horticulteurs comme les producteurs de haricots verts sont engagés commercialement avec de nombreux pays européens.

La solution bio

C’est ainsi que plus de 60 000 producteurs de mangues au Kenya ont commencé à réduire leur utilisation de pesticides chimiques et utilisent des alternatives, comme des bio-pesticides issus de micro-organismes, d’acides naturels ou d’extraits de plantes, et des pièges à mouches. Real IPM, société qui propose des pesticides d’origine biologique, est une petite entreprise kényane. Elle a découvert le rôle et la puissance d’un champignon capable de tuer cet insecte, elle l’a synthétisé et le distribue sous le nom de Met 69. La technique fonctionne avec un piège, dans lequel la poudre est placée, les insectes, attirés et capturés, sont immédiatement infectés. Les mâles, qui ne meurent pas immédiatement contrairement aux femelles, ont le temps de sortir du piège et ainsi de contaminer d’autres insectes. Une solution innovante écologique mais aussi économique pour les petits producteurs locaux.

Sources des photos : mango-film.org et lejecos.com

Articles similaires