Accord de paix au Mali: une avancée salutaire?

La rébellion touarègue a signé le 20 juin 2015 l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali. Une délégation du gouvernement malien, dirigée par le ministre des Affaires étrangères Abdoulaye Diop, s’était rendue fin mai à Alger afin de discuter de la mise en place de l’accord et de lever les réserves de la CMA.

Les consultations d’Alger ont pour but de faire appliquer l’accord de paix signé le 15 mai 2015 à Bamako, que les parties réaffirment leur engagement à cesser les hostilités et de créer un comité de suivi de l’accord. Ces objectifs ont pris forme avec la signature le 5 juin 2015 par les parties prenantes du « relevé de conclusions des consultations préparatoires à la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger ».

Les consultations d’Alger n’ont donc pas consisté en une réouverture des négociations, mais en une discussion sur les modalités de la mise du processus de paix. Abdoulaye Diop a fermement insisté sur ce point : « le gouvernement n’est absolument pas ici pour négocier. Cette phase est définitivement fermée. Il s’agit (…) maintenant d’envisager avec les parties prenantes comment aller vers une mise en œuvre des différentes dispositions de l’accord ».

Vers le triomphe de l’Azawad ?

Si les consultations ont bien abouti à la signature d’un document commun, ce processus de pourrait néanmoins s’avérer favorable à la rébellion touarègue.

La coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), coalition regroupant les principaux groupes armés du conflit, s’était engagée à signer l’accord de paix et de réconciliation mais seulement sous certaines conditions qui ont été discutées lors des consultations d’Alger. Suite à ces discussions, la CMA a finalement signé l’accord le 20 juin à Bamako.

Les réserves émises par la CMA portaient sur la reconnaissance officielle de l’Azawad comme entité géographique, politique et juridique séparée, la création de sa propre armée composée à 80% des ressortissants de l’Azawad, et la mise en place d’un fonds spécial d’aide au développement.

Un pas en avant vers Azawad entité politique

Selon Souleymane Tièfolo Kone, ancien ambassadeur du Mali en Mauritanie, la prise en considération des revendications de l’Azawad dans le document final des consultations d’Alger porte atteinte à la mise en place de l’accord de paix. Ce « protocole additionnel » serait un pas en avant vers la création de l’Azawad en tant qu’entité politique ayant sa propre armée ethnique. Souleymane Kone est loin d’être le seul à avoir exprimé ses craintes que la rébellion touarègue soit en train de saisir l’opportunité de sortir triomphante du processus de paix.

Signature par les représentants de l’Azawad, imposture ou avancée dans la mise en place de l’accord de paix malien ? La question reste à trancher.

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