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Le ‘’bulldozer » tanzanien à la chasse au gaspillage

Voilà bientôt 4 mois que John Pombe Joseph Magufuli, 56 ans, est devenu le nouveau président de la Tanzanie. Officiellement en fonction depuis le 5 novembre 2015, le 5ème chef d’Etat de la République unie de Tanzanie s’est lancé dans une chasse au gaspillage de l’argent public.

La croisade « anti-gaspi » du tout nouveau président tanzanien, John Magufuli, n’était pas qu’une promesse populiste de campagne. Et c’est dès son investiture que le successeur de Jakaya Kikwete a voulu montrer qu’il allait s’attaquer tout de suite à ce qu’il appelle un fléau. Et pour cela tous les moyens sont bons.

A boire : du thé des jus de fruits ou de l’eau

Première décision, et pas des moindres, de celui qu’on surnomme « le bulldozer » : l’annulation des festivités de commémoration de l’indépendance du 9 décembre. « Il est honteux de dépenser l’argent public pour une commémoration quand des Tanzaniens meurent encore du choléra » affirmait le nouveau chef de l’Etat. La somme économisée a permis le financement d’une campagne de nettoyage des espaces publiques à laquelle il a participé lui-même.

Autre cible: le gaspillage dans les administrations. Il leur a été expressément demandé, pour ne pas dire ordonné, de réduire leurs dépenses. Ainsi lors des réceptions ou autres réunions de moins de deux heures « plus de viande et de collations trop lourdes » mais désormais il y aura le choix entre du thé des jus de fruits ou… de l’eau !

Des voyages en classe économique

magufuli - buzz africa 3L’ancien ministre des Travaux a donc décidé de mettre un Etat et son administration trop dépensiers à la diète voire au régime sec. Et le gouvernement doit aussi se plier à de nouvelles restrictions de budget. Ainsi le « bulldozer » Magufuli a restreint le nombre de délégations lors des déplacements des ministres à l’étranger. Des voyages qu’ils effectueront en classe économique car dorénavant seul le président, le vice-président et le Premier ministre sont autorisés à voyager en première classe. De plus, fini les réunions coûteuses organisées par le gouvernement dans de luxueux hôtels. Elles se tiendront désormais dans des bâtiments publics.

Une politique de rigueur et des décisions, certes plus symboliques que réellement efficaces au niveau budgétaire, qui feront plaisir au peuple mais qui risquent de déplaire à beaucoup de fonctionnaires. Mais le leader du parti socialiste Chama cha Mapinduzi, le parti de la Révolution, au pouvoir depuis l’indépendance, veut montrer qu’avec de telles actions, il souhaite lutter contre une corruption omniprésentes, montrer sa bonne volonté et espère que cela améliora les conditions de vie des Tanzaniens. Mais même s’il est parti sur les chapeaux de roue, il faudra surement, au « bulldozer », défoncer d’autres murs bien plus solides pour espérer atteindre ces objectifs.

Photos : dar24.com et bdlive.co.za