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Algérie : la configuration après les dernières législatives.

Le peuple algérien s’est rendu aux urnes le 4 mai dernier en vue du renouvellement de son assemblée nationale. Si sans grande surprise le parti au pouvoir le Front de Libération Nationale (FLN) gagne la majorité relative des sièges, ce scrutin aura tout de même marqué les esprits par la nette baisse du taux de participation comparativement à la précédente élection.

La nouvelle répartition des sièges

FLN Bouteflika

FLN vient en tête en obtenant 164 sièges

Selon le verdict sorti des urnes pour les législatives algériennes du 04 mai 2017 et publié par le Ministère de l’intérieur, c’est le FLN qui vient en tête en obtenant 164 sièges. Même en sortant gagnant de cette élection, le FLN perd tout de même 57 sièges par rapport à l’ancienne assemblée.

Cette performance est un camouflet pour le parti qui clamait pendant la campagne la majorité absolue espérant dépasser la barre des 200 députés. Il est suivi du RND ayant décroché 97 sièges tandis que l’alliance Nahda-Alada-Bina s’en sort avec 48 sièges. Au niveau des trois principaux partis de l’opposition, la tendance est plutôt au recul. En effet, le Front des forces socialistes (FFS) recueille 14 sièges contre 26 à la précédente législative. Son rival le Rassemblement national démocratique (RCD) n’obtient quant à lui que 9 sièges. Concernant le Parti des Travailleurs de Louise Hanoune qui comptait 24 sièges dans la précédente assemblée, la chute est également importante puisqu’il se retrouve avec 11 députés seulement.

Il faut par ailleurs considérer que la nouvelle assemblée d’après les chiffres officiels publiés par le ministère de l’intérieur est composée de 32,31% de femmes.

Une abstention record malgré les nombreux appels au vote

L’autre leçon majeure de cette élection législative est le record d’abstention de vote malgré les efforts du pouvoir public pour inciter les citoyens à participer au scrutin. En effet, les autorités ont usé de tous les moyens pour mener une grande campagne d’incitation au vote. Même le président Abdelaziz Bouteflika a mis la main à la pâte en délivrant un message à la nation en vue de la mobilisation générale.

RND

Ahmed OUYAHIA Secrétaire-Général du RND

Cependant, une contre campagne appelant au boycott a été menée sur les réseaux sociaux à travers des clips ayant reçu l’assentiment général de l’opinion publique. Beaucoup d’algériens se désintéressent de la politique à cause de la perte de confiance en leurs dirigeants qui n’arrivent plus à répondre à leurs attentes. Le climat qui règne dans le pays est caractérisé par la chute du pouvoir d’achat ainsi qu’une crise économique entraînée par la baisse des revenus pétroliers.

Convaincus de l’impuissance des autorités politiques à renverser cette tendance, les électeurs algériens affichent leur dégoût pour les élections. Par conséquent, les législatives du 04 mai ont connu le plus fort taux d’abstention depuis l’avènement de Bouteflika. « La grande inconnue de cette élection était le taux de participation. Il s’est établi à 38,25% pour quelque 23 millions d’électeurs », peut-on lire dans l’article ‘‘Algérie : après les législatives, le visage de la nouvelle Assemblée nationale’’ de Farid Alilat sur jeuneafrique.com.

Il n’y a plus qu’à espérer que cette nouvelle assemblée populaire répondra véritablement aux attentes du peuple algérien. C’est la seule façon d’espérer une réconciliation de la classe politique avec ses électeurs.

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