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Dominique Saatenang, le premier moine shaolin africain

Le rêve d’un enfant issu de l’ouest du Cameroun a créé un précédent dans l’histoire du kung-fu. Dominique Martin Saatenang est devenu le premier moine shaolin africain!

Né à Bafou, un village dans l’ouest du Cameroun, c’est à l’âge de 10 ans que Dominique Martin Saatenang (DMS) voit son premier film d’art martial. Un film avec la star Bruce Lee qui le marquera et va influencer sa vie. Car dès lors, ses efforts vont s’orienter vers une destinée peu commune pour un noir africain. En effet, le petit fils du chef traditionnel du village veut devenir… un expert du kung-fu !

Malgré la désapprobation de sa famille, il s’investit dans cet art martial venu de l’Orient. Au lycée, il pratique le wu-shu (plus communément, le kung-fu) et rejoint l’équipe des « Tigres noirs ». À l’âge de 24 ans, après avoir obtenu son master en management et vendu toutes ses propriétés et ses centres d’apprentissage de wu-shu, il décide d’effectuer le premier et probablement le plus important voyage de sa vie pour aller étudier en Chine.

Dominique Martin Saatenang : 4 ans au monastère Shaolin

Dans ce nouveau pays aux antipodes du Cameroun, DMS a su, avec une persévérance exceptionnelle, rentrer dans le monastère Shaolin situé sur le mont Song dans la province de Henang. Au lieu des 6 mois de stage promis par le chef spirituel du temple, Shi Yongxin, il restera 4 ans dans le prestigieux temple bouddhiste. Des années difficiles : « J’ai failli abandonner plusieurs fois, c’est un entraînement très rude, beaucoup abandonnent ». Mais à force de courage et de volonté, il devient moine de Shaolin et par la même le premier moine bouddhiste africain. Pendant ces 4 ans, Shi Yan Ma, son patronyme de moine bouddhiste, aura appris le mandarin, la médecine chinoise et bien évidemment le wu-shu.

Et l’ « aigle noir », comme le nomme les Chinois, ne s’arrête pas là ! Sous les conseils d’experts, il rentre à l’université des sports de Beijing et devient le seul arbitre non-chinois de kung-fu. DMS va concourir dans des compétitions internationales, être un ambassadeur du monastère et remporter plusieurs médailles d’or et d’argent sous les couleurs de son pays.

Dominique Saatenang au panthéon du Cameroun

Aujourd’hui, Il fait partie des 33 meilleurs sportifs élus au Panthéon national pour la gloire du sport camerounais. Sportif mais pas que… Il est aussi devenu un homme d’affaire. Vice-président de la Fédération des investisseurs sino-africains, il a créé DMS International Group, une société dont il est le PDG et qui a, aujourd’hui, des bureaux en Afrique, en France et en Angleterre. Il a également créé de nombreuses écoles de kung-fu sur tout le continent.

Malgré cela, Dominique Saatenang est toujours impliqué dans sa vie de bouddhiste et diffuse toujours son message de tolérance et de compréhension pour les relations entre la Chine et l’Afrique. D’ailleurs il ne souhaite ne pas être le seul noir moine shaolin. Avec son ancien maitre, Shi Yongxin, il a aidé 10 jeunes boursiers africains afin qu’ils aillent étudier le kung-fu en Chine et deviennent, à leur tour, des aigles noirs !

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