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Tatamis et karaté : bienvenue au Sénégal !

Dans un pays où la lutte est le sport traditionnel, un homme a fondé dans les années 70 un club de karaté. Le succès a été grandissant. Aujourd’hui d’autres clubs ont ouvert dans la capitale sénégalaise et le pays compte de nombreux champions et championnes.

Alioune Badara Hane est un maître en karaté. Pionnier dans l’instauration de cet art martial au Sénégal, il a fondé le premier club de la capitale dans les années 70. Alors que le Sénégal est connu pour sa pratique de la lutte traditionnelle ou laamb en wolof, cet homme est à l’origine d’une discipline qui a déjà vu naître de nombreux champions. Mais les débuts n’ont pas été aisés. Quand il a ouvert son club, le karaté était perçu comme un sport de voyous et non pas comme une discipline millénaire capable d’améliorer sa maîtrise de soi. Aujourd’hui, des dizaines de clubs et de dojos existent à Dakar et notamment dans les quartiers populaires.

« Tatami » l’émission

En parallèle de tous ces nouveaux lieux d’apprentissage, un ancien champion, Sensei Yatma Lo, a lancé une émission de télévision. Tatami est diffusée sur la chaîne nationale RTS. Et tous les ans, l’équipe de l’émission organise “la Grande nuit du Tatami”. Non seulement, ce show télévisé offre une vitrine pour la fédération nationale, mais il permet également la démocratisation de cette discipline.

Et qui dit démocratisation dit aussi féminisation. Parce que, si la lutte traditionnelle est réservée aux hommes, le karaté est lui ouvert aux femmes et elles sont nombreuses. Certaines se sont lancées dans la pratique de ce sport venu d’Asie pour améliorer leur maîtrise de soi et d’autres ont joué le jeu de la compétition et sont devenues championnes sur les tatamis.

Des champions et des championnes

C’est ainsi que le Sénégal compte de nombreux médaillés. Lors des derniers Jeux africains de Brazzaville, en septembre 2015, le Sénégal a raflé six médailles. Et preuve de l’équité hommes-femmes, trois médailles ont été remportées par le groupe des féminines et trois dans la catégorie masculine. Et malgré la disparition d’une grande championne – Marianne Ndiaye, médaillée d’argent aux derniers Jeux africains de Brazzaville et membre de l’équipe nationale depuis dix ans – la nouvelle génération d’athlètes continue de gagner des médailles et tous se préparent pour les championnats à venir.

Rendez-vous donc en juillet à Durban pour les championnats d’Afrique de karaté. Et peut-être en 2020, aux Jeux Olympiques de Tokyo, lorsque le karaté fera son entrée dans la compétition olympique.

Lire aussi : Comment le karaté a conquis le Sénégal

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