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Fatoumata Kebe, entre ciel et terre: chronique d’un parcours exemplaire

Fatoumata Kebe s’amuse avec surprise et finesse de son statut actuel de « femme exceptionnelle » propulsée au-devant la scène depuis quelques mois. En effet, l’astronome d’origine malienne se apparait en tête d’affiche pour l’exposition « Space Girls Space Women »*, exposition présentée à Paris (France). L’occasion peut être pour les Européens et les Africains de découvrir une femme de la diaspora malienne sereine et vive à la fois, brillante et ouverte. Portrait.

D’interviews en rendez-vous, de radios en magazines, Fatoumata Kebe, répond avec minutie aux questions que les journalistes lui posent. Depuis quelques mois, cette jeune astronome passionnée, se prête au jeu. Les questions-réponses s’enchainent, les photos aussi. Son visage apparait alors dans plusieurs magazines et sa voix s’entend sur les plus grandes antennes. Comme elle le confère elle-même, elle semble tout à coup passionner le grand public. Mais pas de grosse tête, elle a indéniablement le recul nécessaire pour pouvoir faire posément la part des choses.

Qui est Fatoumata Kebe ? D’origine malienne, 29 ans, elle fait partie de ces 20% de femmes qui ont rejoint l’élite des chercheurs d’étoiles. Elle est, comme elle le dit « un peu tout à la fois ». C’est une fille noire, sortie tout droit de sa banlieue (93). Issue d’une famille modeste elle a dû se battre et travailler avec acharnement pour se payer et réussir ses études. Elle a dû faire face au sexisme professionnel et élitiste masculin du milieu de l’astronomie. Sa force ? La croyance en ses propres capacités, et la volonté d’agir et d’avancer envers et contre tout.

Pas seulement dans les étoiles

Aujourd’hui, doctorante en astronomie à l’Observatoire de Paris, elle étudie les débris spatiaux artificiels. Après avoir suivi un programme à la NASA, elle a pu, au fil des mois faire le lien entre l’environnement pur, qui était son premier domaine de prédilection et l’espace. Ses travaux de recherche traitent maintenant de l’environnement dans l’espace. La boucle est donc bouclée.

fatoumata kebe - buzz africa 2En plus d’être un chercheur reconnu en astronomie, son master en mécaniques des fluides lui permet d’être à l’initiative de projets comme « Connected Eco ». Un projet pilote qui informe sur l’irrigation des sols agraires, et qui indique la quantité d’eau dont ils ont besoin. En parallèle, elle a créé l’association « Ephéméride » qui intervient dans les collèges et les lycées. L’idée étant de faire découvrir l’astronomie à des jeunes et montrer, par son exemple, qu’on peut arriver à ce qu’on veut par la seule force de la volonté et du travail.

Pour les jeunes étudiants, elle représente à merveille ce lien entre la capacité réelle, intellectuelle, et passionnée des êtres quels qu’ils soient et d’où qu’ils viennent et la réalité du terrain ou du marché.

Montrer l’exemple aux jeunes lycéens, ouvrir la voie, échanger…des objectifs terre à terre pour un astronome ? Pour Fatoumata Kebe, la nouvelle notoriété que lui apporte l’exposition « Space Girls Space Women », n’a pas grande valeur si ce n’est pour parler de son parcours comme exemple pour d’autre, parler de son travail, de ses recherches et de ses projets.

Exposition « Space Girls Space Women » jusqu’au 1er Novembre 2015 au musée des arts et métiers

fatoumata kebe - buzz africa

Sources des photos : positiveeconomy.co et huffingtonpost.fr et terrafemina.com