Le code informatique : la nouvelle voie pour les étudiantes africaines

Dans les domaines de la science, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM), les femmes sont largement sous-représentées tant dans le domaine de l’enseignement supérieur que professionnel. Cette question est encore plus prononcée dans les pays en développement, où une augmentation de la représentation des femmes dans ces domaines pourrait aider à briser les cycles de la pauvreté et offrir des modèles de la prochaine génération. Il existe des projets qui abordent déjà cette question et, dans plusieurs pays africains, les filles du secondaire apprennent le codage informatique. Une compétence qui pourrait aider à changer leur avenir et celui des Africaines.

Le codage pour un nouveau futur

afrique-codeDans un monde où les médias sociaux et les applications de smartphones sont des aspects omniprésents du XXIe siècle, le codage est devenu un secteur important de l’innovation et qui recrute. Mais si la technologie des téléphones cellulaires et du Web s’est répandue, pour les femmes de certains pays comme le Kenya, les préjugés se combinent avec la pauvreté et rendent ces nouveaux outils inaccessibles à la plupart d’entre elles. Ainsi dans les bidonvilles de la capitale du Kenya, Nairobi, seulement 20 % des femmes ont accès à Internet, contre 57 % des hommes.

Cette situation empêche non seulement les femmes, mais aussi le pays dans son ensemble, de se développer. Mais ce déséquilibre actuel pourrait bien commencer à changer ! Au Kenya, en Ouganda et au Sénégal plusieurs organisations fournissent une éducation technique et informatique aux filles.

Theirworld et ses « codes clubs »

Ainsi l’organisme, Theirworld, gère des « codes clubs » dans ces trois pays. Grace à ces formations, les étudiantes peuvent acquérir une variété de compétences dans le domaine des STIM, ce qui peut aider à modifier les idées sur l’éducation tout en offrant aux femmes de nouvelles compétences.

Theirworld a lancé son premier code club en collaboration avec Kano Code Academy et Africa Gathering, et ils ont obtenu un financement de Facebook. La présidente, Sarah Brown, a expliqué qu’«avec un espace sûr pour apprendre et jouer, un mentor pour inspirer, et l’accès à la technologie, nous pouvons augmenter les possibilités d’apprentissage, et aider les filles à prendre conscience de leur potentiel. »

De plus, avant la Journée internationale de la femme, Theirworld a lancé une campagne sur les médias sociaux intitulée #RewritingTheCode, qui visait à sensibiliser les jeunes filles du monde entier aux problèmes du codage, de l’enseignement dans le domaine des STIM et de l’éducation en général.

Mais ce n’est pas la seule organisation qui a cherché à fournir aux femmes un soutien éducatif en Afrique, et il existe déjà des exemples de réussite qui montrent combien ces dispositions pourraient devenir bénéfiques.

Harriet Karanja et M-Safiri : un premier succès kenyan

code-kenya-2Au Kenya, un groupe d’écolières a profité d’un autre programme de soutien aux filles dans les domaines des sciences et s’est retrouvé finaliste dans une compétition mondiale pour les étudiantes en technologie. Pour sa part, la compagnie kenyane de téléphonie cellulaire, Safaricom, exploite un système qui fournit de l’éducation technologique aux filles, ainsi que l’accès à des mentors qui les aident à développer leurs nouvelles compétences.

Et cela porte ses fruits comme le prouve Harriet Karanja. Avec le soutien du programme de Safaricom cette jeune Kenyane de 16 ans a créé, avec sa « Team Sniper students », une application appelée M-Safiri qui signifie « voyageur » en swahili. L’application permet aux utilisateurs d’acheter des billets de bus à distance, puis d’obtenir des conseils et autres horaires. Karanja et ses amis ont participé à la finale de la Technovation Challenge 2016 qui s’est tenue à San Francisco. Ce qui a été une réussite énorme pour eux, mais aussi une preuve de l’impact et du bien-fondé du projet.

Safaricom reconnait le besoin de changement

Bien qu’il soit admirable que des organismes de bienfaisance tels que Theirworld aident les femmes à accéder au domaine du codage en Afrique, il est encore plus encourageant que les géants de la technologie comme Safaricom reconnaissent le besoin de changement et la richesse de talent qu’ils peuvent aider à favoriser. Ainsi la société américaine Intel a également financé des programmes de mentoring au Kenya, et le secteur technologique déjà florissant du Kenya devrait enfin utiliser tous ses jeunes talents, plutôt que de perdre 50 % de son potentiel en raison d’une discrimination sexuelle ou de préjugés.

Les projets en Ouganda et au Sénégal ou d’autres pays peuvent certainement suivre ceux du Kenya sur la voie du succès. Et déjà des organismes envisagent de se développer dans d’autres nations africaines d’ici la fin de l’année. Ainsi Marieme Jamme, cofondatrice d’Africa Gathering, a déclaré: «l’Afrique lance un appel aux jeunes femmes qui ont des compétences et des connaissances en STIM.» Espérons que cet appel soit entendu par les différents ministres de l’Education et de l’Enseignement supérieur et ouvrent de nouvelles perspectives aux Africaines.

Sources des photos : irishtimes.com et bbci.co.uk et www.ohlthaverlist.com

Articles similaires