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GKA : le projet de bioraffinerie qui valorise la jacinthe d’eau

Dans certaines régions du continent africain, la jacinthe d’eau prend d’assaut les rivières et les lacs. Cet envahissement néfaste des cours d’eau a donné l’idée à des entrepreneurs béninois de lancer une bioraffinerie pouvant transformer la jacinthe en produits aux propriétés extraordinaires.

Un duo d’entrepreneurs pour valoriser la jacinthe d’eau

L’un s’appelle David Gnonlonfoun exerçant la profession d’ingénieur en bâtiment et l’autre se nomme Fohla Mouftaou, médecin pédiatre. Leur originalité, c’est d’avoir conçu ensemble un projet à impact sur le développement de leur terre d’origine le Benin. Tous deux lauréats du concours de l’incubateur français Bond’innov et appuyés par le fonds d’investissement coopératif Solidarités entreprises Nord-Sud, ont en effet procédé en aout 2014 à la création du projet Green KeeperAfrica (GKA).

L’originalité de leur initiative consiste à mettre en valeur la jacinthe d’eau, véritable flore envahissante et destructive dont les parties comme la racine, la tige et la feuille dès que transformées peuvent présenter d’excellentes vertus d’absorption et de filtrage.

La jacinthe d’eau : un calvaire pour les milieux lacustres

C’est à 35 km sur l’axe nord de Cotonou, aux bordures du lac Nokoué dans la cité lacustre de Sô-Ava, que les deux entrepreneurs béninois ont décidé de déployer les activités de leur projet. En effet dans cette partie du pays, la jacinthe d’eau règne en maitre. Au passage, elle dérange l’activité de pêche, empêche la navigation, occasionne l’asphyxie des espèces animales aquatiques et augmente le développement de certaines pathologies.

Expliquant la gravité de ce phénomène, David Gnonlonfoun déclare dans les colonnes de l’article ‘’Bénin : Green KeeperAfrica innove en exploitant la jacinthe d’eau, véritable vermine des rivières et des lacs’’ publié par Fiacre Vidjingninou pour Jeune Afrique, « C’est la plante la plus invasive au monde : 10 plants peuvent en produire 800 000 autres en moins de huit mois ».

Un créneau très porteur à étendre à la sous-région

En activité depuis mars 2015, la bioraffinerie du projet GKA a un impact décisif dans la vie des riverains. Elle emploie 700 récoltants dont 85% sont des femmes qui revendent les jacinthes d’eau séchées au projet au prix de 400 FCFA les 10 kg.

L’écosystème se voit alors nettoyé des herbes invasives qui font l’objet d’une transformation en produits biofertilisants, en biocombustibles, en fibres alimentaires pour divers animaux ou en poudre organique, en somme des dépolluants très efficaces pour le nettoyage industriel. À titre d’exemple, GKA a signé en 2015 un contrat de nettoyage industriel avec la filiale béninoise de l’entreprise suisse Oryx très présente en fourniture d’hydrocarbures dans le pays.

Le projet GKA qui a débuté avec un financement de 3 millions de FCFA a déjà réalisé un chiffre d’affaires de 32 millions FCFA en 2016. Son prochain défi est de réussir une implantation dans la sous-région, notamment au Nigéria, au Cameroun et en Côte d’Ivoire tout en développant de nouveaux produits à partir des mauvaises herbes, notamment la réalisation de serviettes hygiéniques.